Le monoxyde de carbone (CO) est une des principales causes d’intoxication accidentelle en milieu domestique.
Chaque année en France, 6000 personnes sont victimes d’une intoxication due au monoxyde de carbone (CO), et 300 en décèdent (source : Direction générale de la Santé, octobre 2004). N’importe qui peut être victime de cette intoxication, qui survient souvent lorsqu’on pratique des gestes simples de la vie quotidienne telle la mise en route du chauffage ou de l’eau chaude, y compris en famille.
Cependant, on note que les familles socialement et économiquement fragiles sont plus exposées au risque d’intoxication au CO car les appareils de chauffage sont vétustes, leur entretien et celui des systèmes de ventilation peut être négligé par souci d’économie. Il y a rarement une seule victime, mais plus souvent toute une famille, parents et enfants.
Des situations climatiques particulières, temps bas et brouillard par exemple, ou des situations exceptionnelles, intempéries et grand froid, entraînent une élévation des risques et ce, d’autant plus qu’elles s’accompagnent de l’utilisation massive de chauffages de fortune pour compenser une détérioration des installations habituelles (groupe électrogène, poêle à pétrole, brasero..).
Un gaz invisible, inodore mais mortel
Le monoxyde de carbone est un gaz incolore et inodore. Sa densité est voisine de celle de l’air. Sa présence résulte d’une combustion incomplète, et ce quel que soit le combustible utilisé : bois, butane, charbon, essence, fuel, gaz naturel, pétrole, propane. Il diffuse très vite dans l’environnement.
Il agit comme un gaz asphyxiant très toxique qui, absorbé en quelques minutes par l’organisme, se fixe sur l’hémoglobine : - 0,1 % de CO dans l’air tue en une heure - 1 % de CO dans l’air tue en 15 minutes - 10% de CO dans l’air tuent immédiatement.
Dans une majorité des cas, les accidents résultent : - de la mauvaise évacuation des produits de combustion (conduit de fumée obstrué ou mal dimensionné) - de l’absence de ventilation dans la pièce où est installé l’appareil (pièces calfeutrées, sorties d’air bouchées) - du défaut d’entretien des appareils de chauffage et de production d’eau chaude ainsi que les inserts, poêles, cuisinières, chauffages mobiles d’appoint - de la vétusté des appareils - de la mauvaise utilisation de certains appareils (appareils de chauffage d’appoint utilisés en continu par exemple, groupes électrogènes ..) - de l’incompatibilité des différentes installations présentes dans un même logement (exemple : foyer ouvert et chaudière).
On observe souvent, lors d’accident, un cumul de défauts et d’autres facteurs cités.
« Le grand imitateur » : reconnaître une intoxication au monoxyde de carbone
Il existe deux types d’intoxication : - l’intoxication aiguë, qui entraîne une intervention des secours en urgence et se manifeste par des vertiges, une perte de connaissance, une impotence musculaire, voire un coma et le décès ; - l’intoxication chronique, qui entraîne des maux de tête, des nausées, une confusion mentale. Difficilement détectable, elle peut entraîner, à la longue, des troubles cardiaques ou respiratoires. Ce type d’intoxication est actuellement suspectée de perturber le développement cérébral des enfants et notamment leur fonctionnement intellectuel.
Les signes cliniques ne sont pas spécifiques : maux de tête, vertiges, malaises, nausées, dyspnée, troubles de la vision, de l’odorat ou du goût, troubles du sommeil, de la mémoire, de l’attention, douleurs thoraciques, abdominales, musculaires peuvent être rencontrés à des fréquences variables. Le CO a été décrit comme « le grand imitateur » car les intoxications donnent lieu à un grand nombre de faux diagnostics de grippe, de gastro-entérites ou d’autres affections bénignes.
Une série de conseils pratiques pour prévenir et limiter le risque d’intoxication au CO
- Installer un détecteur de monoxyde de carbone dans chaque pièce dans laquelle se trouve un appareil fonctionnant au gaz, au fuel, au bois ou au pétrole (Plus de détails dans « Protection de la maison :les détecteurs »)
Le détecteur ne vous protège pas du risque d’intoxication au CO mais il vous prévient au moyen d’une alarme sonore de la présence de gaz en forte quantité dans l’air.
- Faites entretenir votre chaudière par un professionnel qualifié avant la période de froid.
- Veillez à ce que le conduit de cheminée soit en bon état si la chaudière est raccordée, quel que soit le matériau qui le compose (conduit maçonné, éléments emboîtés ou tubage, réalisés en aluminium ou en acier inoxydable) et que sa vacuité est totale. Un ramonage est obligatoire deux fois par an. (VoirSuper R 104)
- Vérifiez que l’évacuation des fumées s’effectue en dehors de l’immeuble. Attention, les appareils mobiles de chauffage d’appoint fonctionnant au butane, au propane, au pétrole, qui déversent des gaz de combustion chargés en monoxyde de carbone et en oxyde d'azote, ne doivent être utilisés que par intermittence exclusivement dans des locaux ventilés. Ils doivent être munis de dispositifs de sécurité avec contrôle d'atmosphère.
- Ne vous chauffez jamais avec des panneaux radiants prévus pour des locaux de grand volume très ventilés, même s’ils sont munis de sécurité, ni avec des radiateurs de camping destinés à l’extérieur, ni en allumant le four de la cuisinière, porte ouverte.
- Les appareils neufs fonctionnant au gaz naturel doivent obligatoirement présenter le marquage CE et pour certains appareils de cuisson haut de gamme, la marque NF GAZ Sélection.
- Les petits chauffe-eau sans évacuation de fumées doivent être utilisé de façon intermittente et pour une courte durée, de 8 minutes maximum. Ils doivent être installés dans une pièce suffisamment grande et aérée.
- Il est interdit d'installer une hotte avec évacuation extérieure dans une pièce où se trouve également un appareil raccordé à un conduit de fumée. Cela peut perturber gravement le fonctionnement de ce dernier. Préférez une hotte à recyclage d’air et consultez un installateur (il peut se produire des perturbations).
- En cas d'installation collective de Ventilation Mécanique Contrôlée, veillez à ce que le gestionnaire de votre immeuble fasse effectuer l'entretien et les vérifications des dispositifs de sécurité individuels et collectifs.
- Les appareils récents à gaz raccordés à un conduit de fumée en tirage naturel, possèdent désormais un système de sécurité contre le refoulement des produits de combustion, appelé SPOTT (Système permanent d’Observation du Tirage Thermique), dont le fonctionnement doit être testé lors des opérations d’entretien.
- Nettoyez régulièrement les brûleurs de votre cuisinière à gaz (on doit voir une flamme bleue et courte dans chaque orifice). S’ils sont encrassés le mélange air gaz ne s’effectue pas dans de bonnes conditions et le brûleur peut s’éteindre, notamment quand il est au ralenti. Une flamme bien réglée ne doit pas noircir le fond des casseroles.
Enfin, informez vous auprès des professionnels qualifiés, lisez attentivement les notices d’utilisation et d’entretien de vos appareils.
Toutes ces informations vous sont données à titre indicatif. En cas de sinistre, la responsabilité de Sécurité Shop ne pourrait être engagée.
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